Forum de l'Économie et de la Finance Chinoises
  Pékin s'ouvre aux guichets bancaires étrangers
 

Pékin s'ouvre aux guichets bancaires étrangers

TROIS MOIS après l'ouverture officielle du marché bancaire chinois, Pékin vient d'autoriser formellement quatre banques étrangères à ouvrir leur filiale, sésame pour démarrer des opérations en renminbi - nom officiel de la monnaie chinoise. La China Banking Regulatory Commission (CBRC), l'organe de tutelle des banques, vient de donner son feu vert à HSBC, Standard Chartered, Citigroup et Bank of East Asia. Elles s'étaient mises sur les rangs dès l'ouverture, sur le papier, du secteur en décembre dernier.
Au lendemain de l'annonce, la Standard Chartered Bank ne cachait pas son optimisme, espérant démarrer ses activités via sa nouvelle structure d'ici à un mois. Pourtant, rien n'est encore gagné. Si Pékin doit libéraliser son économie, conformément aux engagements pris auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), des obstacles à la pleine installation d'entreprises étrangères demeurent, souvent de façon indirecte. L'Union européenne n'a cessé de dénoncer ces barrières déguisées. Peter Mandelson a réitéré ses remarques dans un rapport publié en février dernier et la Chambre européenne de commerce en Chine dresse un bilan mitigé de l'ouverture économique du géant chinois. En matière bancaire, le flou de la réglementation a suspendu le destin des banques étrangères aux lèvres des régulateurs de Pékin.

Une opération coûteuse

Une fois leurs filiales constituées, les quatre banques devront ouvrir une succursale dans chaque ville où elles souhaiteront dispenser leurs services. L'opération est coûteuse : « Selon la loi, chaque succursale devra être dotée d'un capital minimum de 20 millions d'euros », rappelle Guillaume Rougier-Brierre, avocat associé du cabinet Gide Loyrette Nouel évoque « une ouverture en trompe-l'oeil » du marché bancaire.
Cette marche à petits pas ne décourage pas les appétits des banques étrangères - y compris françaises - pour cette épargne évaluée à 2 000 milliards de dollars. En dépit de l'échec de sa prise de participation dans Guangdong Development Bank, qui lui a préféré l'américain Citigroup, la Société générale n'a pas renoncé à ses ambitions.
Pour la deuxième fois en Chine en six mois, Baudoin Prot, président-directeur général de la BNP Paribas, considère la Chine comme un marché décisif sans toutefois, à la différence de ses concurrents anglo-saxons, viser le marché de masse. « Nous ne cherchons pas à entrer dans le secteur de la banque de détail », a-t-il expliqué hier à Shanghaï. « Nous nous concentrons sur notre croissance organique et notre participation de 19,2 % dans la Bank of Nanjing. »
L'ouverture du marché laisse encore des questions en suspens, comme le nombre possible de succursales qu'une filiale sera autorisée à ouvrir. Une fois de plus, Pékin avance à son rythme, ce qui laisse le temps aux banques locales de se moderniser. Hasard (ou non), la Bohai Bank, basée à Tianjin, à l'est de Pékin, a été autorisée cette semaine, pour la première fois, à faire des affaires en devises sans obligation de quota.

10/10/2007

 
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